NOR : AGRP9902294A
Le ministre de l'économie, des finances
et de l'industrie et le ministre de l'agriculture et de la pêche,
Vu le règlement (CEE) no 822/87 du 27
mars 1987 modifié, notamment son article 36 ;
Vu le règlement (CEE) de la Commission
no 3800-81 du 16 décembre 1981 modifié relatif au classement
des variétés de vignes ;
Vu le règlement (CEE) du Conseil no 2046/89
du 19 juin 1989 relatif aux règles générales de distillation,
notamment son article 28 et les modalités d'application prises par
la Commission en vertu des règlements précités ;
Vu le code général des impôts,
notamment son article 407 ;
Vu le décret no 98-1128 du 14 décembre
1998 relatif à la mise en oeuvre de la quantité normalement
vinifiée dans la région délimitée « Cognac
» ;
Après avis de l'assemblée plénière
du Bureau national interprofessionnel du Cognac,
Arrêtent :
Art. 1er. - Les vins issus de variétés classées, pour un même département, à la fois comme variétés à raisin de cuve et comme variétés destinées à l'élaboration d'eaux-de-vie à appellation d'origine contrôlée « Cognac », produits en 1999, au-delà d'un rendement de 6 hectolitres d'alcool pur par hectare éligible à la quantité normalement vinifiée déterminée par le décret du 14 décembre 1998 susvisé, doivent être distillés au plus tard le 31 août 2000 en vertu de l'article 36 du règlement (CEE) no 822/87.
Art. 2. - Toute quantité d'alcool pur comprise
dans le rendement visé à l'article précédent
qui n'est pas affectée dans la déclaration d'affectation
visée à l'article 5, à la production d'eau-de-vie
à appellation d'origine contrôlée « Cognac »
ou à la production de vin de liqueur à appellation d'origine
contrôlée « Pineau des Charentes », est multipliée
par un coefficient :
- égal à 1,27 pour les quantités
revendiquées en vin de pays charentais dans la déclaration
de récolte ;
- égal à 1,8 pour les autres destinations.
L'alcool pur correspondant à la majoration
de rendement ne peut en aucun cas être affecté à la
production d'eau-de-vie à appellation d'origine contrôlée
« Cognac » ou à la production de vin de liqueur à
appellation d'origine contrôlée « Pineau des Charentes
».
Art. 3. - Tout producteur de l'appellation d'origine contrôlée « Pineau des Charentes » bénéficie pour son exploitation d'un complément par rapport aux rendements visés aux articles précédents correspondant aux volumes de moûts issus de cépages inaptes à la production d'eau-de-vie à appellation d'origine contrôlée « Cognac » mis en oeuvre pour l'élaboration de « Pineau des Charentes ».
Art. 4. - L'alcool pur contenu dans les moûts
et les vins visés aux articles 1er, 2 et 3 ci-dessus est apprécié
selon les conditions suivantes :
- pour les vins destinés à l'élaboration
de « Cognac », en fonction de l'alcool pur contenu dans les
vins livrés ou mis en oeuvre ;
- pour les moûts destinés à
l'élaboration du « Pineau des Charentes », sur la base
d'un titre alcoométrique volumique en puissance de 10 % vol. ;
- pour les moûts et vins destinés
à une autre destination traditionnelle, sur la base d'un titre alcoométrique
volumique en puissance de 10 % vol. ;
- pour les moûts et vins revendiqués
en vin de pays charentais, sur la base d'un titre alcoométrique
de 9,5 % vol.
Art. 5. - Avant le 15 janvier 2000 et en vue du calcul des obligations visées à l'article 1er, tout producteur est tenu de fournir aux services de la direction générale des douanes et droits indirects une déclaration d'affectation, portant sur les superficies éligibles au sens du décret du 14 décembre 1998 susvisé ainsi que sur le volume correspondant de sa production destiné à l'élaboration d'eau-de-vie à appellation d'origine contrôlée « Cognac » ou à la production de vin de liqueur à appellation d'origine contrôlée « Pineau des Charentes ». A défaut de cette déclaration, la quantité normalement vinifiée (ONV) du producteur est évaluée par les services de la direction générale des douanes et droits indirects sur la base d'un rendement de 6 hectolitres d'alcool pur par hectare et de la superficie plantée figurant sur la déclaration de récolte.
Art. 6. - Dans le cas où la quantité
d'alcool pur affectée au 31 mars 2000 par un producteur à
la production d'eau-de-vie à appellation d'origine contrôlée
« Cognac » et à la production de vin de liqueur à
appellation d'origine contrôlée « Pineau des Charentes
» est supérieure à celle inscrite pour ces destinations
dans la déclaration d'affectation, le bénéfice de
la majoration de rendement visée aux articles 2 et 3 est perdu par
le producteur dans sa totalité. Il en est de même lorsque
la superficie éligible déclarée est supérieure
à la superficie maximum éligible au sens du décret
du 14 décembre 1998 susvisé.
Dans le cas où la quantité d'alcool
pur affectée au 31 mars 2000 par un producteur à la production
d'eau-de-vie à appellation d'origine contrôlée «
Cognac » et à la production de vin de liqueur à appellation
d'origine contrôlée « Pineau des Charentes » est
inférieure à celle inscrite pour ces destinations dans la
déclaration d'affectation, le volume correspondant à la différence
ne bénéficie pas de la majoration de rendement visée
aux articles 2 et 3.
Art. 7. - Les quantités excédentaires
produites au-delà des rendements visés aux articles précédents
peuvent, jusqu'au 31 juillet 2000 et sans restitution, être exportées
à destination d'un pays tiers à l'Union européenne.
Tout négociant qui acquiert les vins destinés
à l'exportation vers les pays tiers doit effectuer celle-ci avant
le 31 juillet 2000. A défaut d'apporter la preuve de cette exportation,
il devra livrer à la distillation la quantité de vin en cause
avant le 31 juillet 2000.
Art. 8. - Les vins produits en excédent
de la quantité normalement vinifiée ne peuvent circuler qu'à
destination d'une distillerie, des installations d'un élaborateur
de vins vinés, de l'exportation vers un pays tiers à l'Union
européenne ou d'un marchand en gros de boissons tel que visé
à l'article précédent.
Les titres de mouvement devront être barrés
et préciser : « distillation obligatoire, article 36 du règlement
(CEE) no 822/87 ».
Art. 9. - Le directeur de la production et des
échanges et le directeur général des douanes et droits
indirects sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution
du présent arrêté, qui sera publié au Journal
officiel de la République française.
Fait à Paris, le 15 novembre 1999.
Le ministre de l'agriculture et de la pêche,
Pour le ministre et par délégation
:
Par empêchement du directeur des politiques
économique et internationale :
Le sous-directeur,
P.-E. Rosenberg
Le ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie,
Pour le ministre et par délégation
:
Le directeur général des douanes
et droits indirects,
F. Auvigne